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Voici l'article du Soleil suivant l'opération LTS organisée par Secours SPJ où l'on parle de RSQM :

Ces bénévoles qui sauvent des vies

Mélanie Pageau
Le Soleil - 16 septembre 2001
Saint-Aubert

SAINT-AUBERT - Un homme parti à la chasse ne revient pas le jour prévu. Sa conjointe, inquiète, contacte la Sûreté du Québec. À son tour, le corps policier alerte des groupes bénévoles de la région. Une vaste opération de recherche se met ainsi en branle.

Bien que cette situation soit fictive, elle devient souvent réelle pour des centaines de bénévoles qui consacrent leurs temps libres à se préparer à une vraie disparition. Ils sont médecin, plombier, infirmier, électricien, chercheur, étudiant... et partagent cet humanisme qui les pousse à vouloir sauver des vies.

La fin de semaine dernière, près de 200 d'entre eux se sont rencontrés dans la région de l'Islet pour une simulation de recherche et sauvetage. L'exercice, organisé par Secours S.P.J., de Saint-Jean-Port-Joli, a permis à plusieurs groupes de la province de mettre leurs connaissances en commun et d'uniformiser les façons de procéder. La Sûreté du Québec (SQ) et l'armée canadienne participaient aussi à l'opération.

Samedi, 9h. Le chasseur dont la disparition a été signalée hier n'est toujours pas rentré au bercail. Un porte-à-porte dans le village de Saint-Aubert a permis de connaître le lieu approximatif où il pourrait se trouver avec un ami. Des équipes se sont séparées le secteur pour le fouiller.

Sur le bord d'une route, une dizaine de marcheurs forment une ligne et se préparent à entrer dans le bois pour faire une battue. Bien habillés, armés d'eau par cette journée suffocante, possédant cartes et boussoles pour ne pas se perdre à leur tour, ils partent à la recherche d'indices.

Le sergent Richard Gilbert, de la 3e Escadre de Bagotville, les observe. Ce mécanicien d'avion dans l'armée a fait de la recherche et sauvetage son devoir secondaire. Il se trouve donc ici pour aider et conseiller les bénévoles. Le militaire a lui-même participé aux recherches pour retrouver Martin Dallaire dans les monts Valin. L'armée avait été appelée en renfort par la SQ, chose qui arrive trop peu souvent, déplore le sergent Gilbert.
Toujours dans le cadre de la simulation, un peu plus loin, une unité canine quadrille le boisé. Trois maîtres-chiens lâchent leurs fidèles compagnons qui retraceront le disparu par son odeur. Voilà pourquoi ces chercheurs marchent vent de face. « Si nous avons le vent de dos, l'odeur va toujours être devant nous », explique Guy Ouellet, observateur de Sauvetage S.P.J. « Plus il fait chaud, plus c'est difficile, car l'odeur monte dans les airs », ajoute-t-il.

Puisque son chien n'est pas encore tout à fait prêt, M. Ouellet accompagne aujourd'hui Michel Blais, du groupe Recherche et sauvetage Québec métro (RSQM), et son flatcoat Sam. Cela prend en effet un an ou deux pour former un chien, explique Christine Déry, chef de l'équipe canine. Anne Gathem, aussi du RSQM, affirme qu'elle entraîne son chien Sam 1heure 30 par jour, en plus des fins de semaine.

Sortant tout juste du bois, Cliff Neumann, de Sauvetage Canada (région de Montréal), raconte qu'il a participé à des recherches lors de la crise du verglas avec Milly. Peintre en bâtiment de métier, il est tout à fait autonome dans la forêt, connaissant les premiers soins, s'orientant avec une boussole et pouvant décoder les signaux de sa chienne.

Le secteur de Saint-Aubert ressemble à une véritable ruche. En plus des marcheurs et des maîtres-chiens qui s'activent, une escouade de VTT arrive en renfort. Ces membres de l'équipe d'Interventions Quad, de Québec, utilisent leur «quatre roues» pour participer aux recherches.

Pendant ce temps, dans le lac Trois-Saumons, neuf plongeurs de Sauvetage Nata, d'Alma, fouillent le fond de l'eau où on a retrouvé un canot vide à la dérive.

À l'heure du dîner, l'Armée du Salut a nourri tout ce beau monde avec des hots dogs et des sourires. Entre deux bouchées, l'organisateur de l'événement, Harold Bouffard de Secours S.P.J., résumait les forces et les lacunes de la pratique. Toute une logistique!

Quant aux chasseurs perdus, ils ont été retrouvés avec des blessures nécessitant des premiers soins. Une autre bonne pratique pour les bénévoles.

Partenariat souhaitable
Présent sur les lieux, le coordonnateur provincial de la recherche et sauvetage pour la Sûreté du Québec, l'inspecteur Robert Poeti, estime le partenariat souhaitable entre la SQ et ces organisations bénévoles. Cette synergie a d'ailleurs pris de l'ampleur depuis un an, affirme M. Poeti.

Lors d'un besoin rapide d'effectif, ces bénévoles déjà formés sont d'une précieuse aide. Ils peuvent entre autres encadrer les «bénévoles spontanés» qui se présentent sur les lieux lors d'une disparition.

Cela a été le cas récemment lors de la disparition d'Antoine Cliche au mont Sainte-Anne. L'alerte a été donnée au poste de district de la SQ, qui a envoyé une équipe d'urgence. «Nous avons été appelés le jour 2», se souvient Yves Duguay-Gagné, président de RSQM.

Pendant six jours, la SQ et les bénévoles ont ratissé les environs de la station de ski sans trouver d'indices. Les policiers ont alors arrêté les recherches pendant que le RSQM et le groupe ƒquinoxe, de Trois-Rivières, continuaient avec la famille durant deux jours pour éliminer d'autres secteurs dont ils doutaient.

Recherche et sauvetage Québec métro
Le groupe Recherche et sauvetage Québec métro existe depuis cinq ans. Yves Duguay-Gagné, un infirmier, a décidé de le former après avoir lui-même passé près de perdre sa fille de quatre ans dans un boisé de Boischatel. Il l'a finalement retrouvée avec un voisin de la rue.

«Dans ces moments-là, on veut que le monde entier vienne nous aider», illustre-t-il.

Avec huit pompiers de Boischatel et un civil, il a fondé le RSQM, qui compte maintenant 34 membres de tous les âges, partageant une passion commune. «Chacun en retire une satisfaction, dont celle de faire du bénévolat en plein air», dit-il.

Cependant, ce bénévolat demande une grande implication, en temps, mais aussi financière. Les nouveaux membres suivent une formation, à raison d'un soir par semaine et d'un exercice une fois par mois. Ils payent leur carte de membre (50$), leur formation et leur équipement personnel.

La formation comprend des cours de carte et boussole, de survie en forêt, de premiers soins, de techniques de recherche au sol, de communications, de comportement des personnes disparues, de préservation des scènes de crime, etc. Ces notions servent également aux membres lors de leurs propres randonnées.

Une rencontre d'information du RSQM aura lieu mardi à 19h à l'école secondaire la Courvilloise à Beauport.

Yves Duguay-Gagné tient à conclure ainsi: «On est de tout coeur avec les familles qui n'ont pas encore retrouvé leurs disparus et nous sommes prêts à les aider encore.